LES MEDIAS PARLENT DE SYLAMA

fraternité • CULTURE

Par : Par Cir-Raoul HOUNGBEDJI • Date : 9 avril 2026

Entre héritage européen et passion viscérale pour l’Afrique, Sylama trace une trajectoire singulière dans le paysage musical actuel. Franco-italienne, voyageuse insatiable et artiste engagée, elle s’impose comme une voix à part, capable de relier les cultures, les mémoires et les luttes.

À la croisée des rythmes et des identités, sa musique ne se contente pas de séduire : elle interpelle, questionne et rassemble. En témoigne « Farafina », sa nouvelle pépite sonore qui se veut un hymne vibrant pour une Afrique libre et creative.

Actuellement au Sénégal, la « Reine blanche de la musique africaine » poursuit la promotion de son nouveau projet, « Farafina », un disque de cinq titres qui annonce déjà les contours d’un album plus ambitieux, qui promet de grandes surprises. Entre rencontres, immersion culturelle et captation d’images pour ses futurs clips, Sylama continue d’écrire son histoire au plus près du continent qui nourrit son inspiration.

Chez Sylama, tout commence par l’émotion. « Les réalités sociales, les histoires que j’entends, les cultures que je découvre… », confie-t-elle. L’Afrique, qu’elle parcourt régulièrement, est au cœur de sa démarche artistique. Elle y puise une matière vivante, qu’elle transforme en une musique de recherche, presque anthropologique, où chaque note raconte un fragment d’humanité.Son ambition est claire : tisser des ponts entre les traditions africaines et les sonorités occidentales. Un dialogue musical qui dépasse les frontières pour éveiller les consciences.

Derrière les mélodies, il y a un message, souvent engagé, toujours profondément humain.Afrobeat fusion : une identité sans frontières et un cri d’espoirDifficile de mettre Sylama dans une case. Son style ? Une fusion audacieuse d’afrobeat, de reggae, de salsa, de soul, de blues et de jazz, enrichie par la puissance des percussions africaines. Elle mélange les langues, les rythmes et les influences avec une liberté assumée.Cette hybridation reflète son identité : une artiste européenne profondément connectée à l’Afrique.

Le résultat donne une signature sonore authentique, à la fois enracinée et universelle, capable de toucher un public large sans jamais perdre son essence.Parmi ses titres les plus marquants, Sylama cite « Oh femmes amazighe », hommage vibrant à la force féminine, « Tais-toi », introspection sur les silences imposés, et surtout « Farafina », véritable manifeste. Dans ce morceau, elle aborde des thématiques lourdes comme la colonisation, tout en insufflant un message d’espoir : l’avenir de l’Afrique repose sur sa jeunesse, son éducation et sa créativité.

Un discours lucide, mais résolument tourné vers la lumière.Avec ce nouveau projet, Sylama ne fait pas que confirmer son talent : elle affirme une vision. Celle d’une musique libre, engagée et profondément humaine. Une musique qui, comme elle le souhaite, « donne de la force », rassemble les peuples et célèbre la beauté des différences.

« Le premier album «Didja» de Sylama est un cocktail de sonorités africaines parmi lesquelles l’Afrobeat, l’Agbadja, le Goumbé ou encore le Gnawa. »

Musique : A bâtons rompus avec Sylama, artiste-chanteuse Franco-Italienne

« Je suis blanche de peau mais africaine dans l’âme »

D’origine Franco-italienne, Sylama est à n’en point douter la seule artiste européenne qui régale plus d’un par l’ambiance festive que communique sa musique totalement africaine. Cette bête de scène porte l’Afrique au plus profond d’elle depuis plusieurs décennies au cours desquelles elle a côtoyé de grandes figures de la musique, notamment l’ivoirien Masta Famedji Koto. Pour vous, Africulturelle a rencontré l’auteure de l’album (Didja), résolument tourné vers l’Afrique. Avec Sylama, le voyage musical est confortable, animé et surtout basé sur une communication instantanée et festive, mêlant la musique, le chant et la danse.

Africulturelle : Sylama, vous faites de la musique africaine, mais vous êtes peu connue sur le continent. Qu’aimeriez-vous qu’on retienne de votre carte d’identité artistique ?

Sylama : Je suis d’origine Franco-italienne. J’ai beaucoup d’énergie sur scène. Comme originalité c’est qu’on peut également retenir que je chante en Dioula, une langue qui a beaucoup voyagé en Afrique et est surtout parlée en Côte d’Ivoire.

Comment peut-on comprendre qu’une artiste européenne réussisse à chanter aussi bien dans des langues africaines ?

Dans mon cursus d’artiste j’ai commencé par faire des recherches sur la musique et la danse berbères et j’ai eu envie de descendre plus loin, notamment en Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, au Sénégal, en République centrafricaine, pour ne citer que ces pays). J’ai travaillé beaucoup le chant et la danse africaine il y a plus d’une vingtaine d’années de cela. A mon retour de Côte d’Ivoire, j’ai rencontré Robi Famedji-Koto qui avait un groupe «ABM» qui fait du « Afro banlieue musique ». J’ai travaillé avec lui en tant que choriste et danseuse du groupe. A son décès j’ai repris le groupe afin de perpétuer son œuvre.

Cette aventure porte d’ailleurs aujourd’hui un fruit. « Didja » en effet est un album éclectique dans lequel vous chantez si bien en langues africaines. Cela suffit-il pour plaire aux africains ? Qu’en est-il des autres albums et rythmes que vous proposez ?

Il y a eu d’abord avec le groupe un album hommage à Masta Famedji Koto. Ensuite j’ai sorti mon premier album « Didja » et il y a un second qui va suivre d’ici là. Parlant de rythmes, je dirai que cet album est un voyage à travers l’Afrique. Chaque chanson est très différente car elle puise son origine dans un rythme, une danse d’un pays d’Afrique. Donc il y a le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, et bien d’autres pays. C’est très diversifié.

Que pourrait-on retenir par rapport aux thématiques abordées dans les différents titres de ce disque ?

D’abord le titre éponyme « Didja » désigne la fête des ignames, c’est un hommage aux grand-mères, aux « Nanas » comme on les appelle communément en langue Mina parlée au Togo et au Bénin. C’est une musique très festive. « Masta Famedji Koto », c’est un hommage que j’ai écrit à Famedji. « Open your eyes » pour dire que c’est lorsque vous avez des problèmes que vous voyez vos vrais amis. « Gnawa », c’est une fête avec les gnaouis. « Coming from Nigeria », c’est un afrobeat en hommage à Fela Anikulapo Kuti, un conte qui dit comment faire, pour faire plaisir à tout le monde en même temps. « A Mandela » est un hommage à Nelson Mandela. Dans « Faso i love », c’est un immigré qui est de retour au pays et qui raconte comme ça se passe en banlieue parisienne. C’est le Burkina Faso, un pays frère qui est célébré. C’est un album qui compte dix titres au total.

Vous êtes blanche de peau certes, mais vous débordez d’amour et de passion pour l’Afrique. Qu’est-ce qui vous a notamment fasciné dans la culture africaine ?

C’est une très bonne question. Déjà dans ma formation de danseuse j’étais très attirée par l’Afrique, ses danses et musiques. Ensuite, la recherche sur la musique et la danse berbères m’a vraiment donné cette direction, mais j’étais frustrée au niveau de la gestuelle. Quand j’ai fait des voyages d’étude en Afrique je me suis aperçue qu’elle est immensément riche et magnifique. Je ne pourrai vous en dire plus, mais je me suis sentie tellement attirée. Pour moi, je n’ai pas de différence de peau, je suis totalement imprégnée et c’est ça qui compte.

Revenant à « Didja », pourrait-on dire que Sylama est guidée par pure exotisme en faisant ce disque ? Sinon, quels sont les objectifs d’une telle aventure musicale qui se veut d’ailleurs un véritable cocktail des rythmes d’Afrique ?

D’abord, il fallait continuer le projet d’un Africain, en l’occurrence Masta Famedji Koto qui voulait même monter un village artistique pour les enfants. Mais également, il s’agit de faire découvrir l’Afrique au public, de la faire voyager, en promouvant ses richesses, de ne pas rester cantonnée dans un rythme ou un pays. C’est donc une musique de recherche que je propose.

L’album « Didja » est prêt depuis. Mais, avez-vous pensé à une stratégie pour le porter à la connaissance d’un grand nombre d’africains ?

Je dois avouer que cela touche beaucoup d’africains de voir une européenne chanter dans leurs langues et danser sur leurs rythmes. Quant à la stratégie de promotion j’ai pris des attaches ici au Maroc, avec la structure HK-Afrique, pour un certain nombre d’actions concrètes afin justement, de porter le plus loin possible cette production.

Interview réalisée à Rabat, par Cir-Raoul HOUNGBEDJI

Article publié par Régina Sambou, le 6 février 2019 sur www.africulturelle.com. Publié dans ARTS SCENIQUES, MUSIQUE Étiquettes : afrique, art, culture, Didja, Sylama.

« Sylama & Masta Famedji » est un groupe de « World Music » fondé et dirigé par l’artiste Sylama. Basée à Paris, Sylama voyage fréquemment à travers le continent africain, notamment au Maroc, où elle puise la force et l’énergie qui lui permettent de faire rayonner les couleurs et les sonorités africaines.

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